A la demande d’utilisateurs francophones, Facebook a été traduit en Français. Cependant, certains Facebookers sont contre cette initiativive. Ils émettent plusieurs raisons pour leur opposition. Ils pensent que Facebook perd de son charme à partir du moment où ce réseau social n’est pas en Anglais. Ils appréciaient le fait de communiquer en Anglais et apparemment, cette expérience leur permet d’améliorer leur maîtrise de cette langue. Et ce, de manière ludique.
Les partisans de la traduction, quant à eux, s’étaient mobilisés à cause de leur frustration de ne pouvoir utiliser toute les possibilités de facebook comme il convient, notamment ses applications. Tout simplement parce qu’ils ne comprennent pas la langue. Et je comprends parfaitement cette frustration. Imaginez que vous deviez vous plonger dans un dictionnaire chaque fois qu’une application vous interroge sur telle ou telle chose ou bien même que vous deviez cliquer au hasard, sans rien comprendre de ce qu’on vous demande. Il y a de quoi abandonner facebook…
Mais à y regarder de plus près, il se pourrait que ladite traduction en Français ne résolve pas (complètement) les frustrations que j’évoque ci-dessus. D’abord parce que la traduction concerne (et ne peut concerner) que l’interface de facebook. Or les utilisateurs francophones dans leur ensemble peuvent se retrouver dans cet interface puisque ce sont eux qui, par leur groupe de discussion, ont incité facebook à la traduire. Cela veut dire qu’ils pouvaient jusqu’à un certain point utiliser facebook en Anglais.
Il convient de discuter plus amplement ce qui ne peut être traduit. Il y a d’abord le contenu de facebook, qui selon moi est la plus grande valeur de ce réseau. En quoi consiste ce contenu? Tout simplement en toutes les discussions, messages, photos, vidéos que les utilisateurs contribuent à Facebook. La masse de cette contribution est en Anglais. De manière marginale, il y a du contenu dans la plupart des autres langues que vous pouvez imaginer: chinois, japonais, xhosa, français, etc. Toutefois, dans l’ensemble, la proportion que ces langues occupent par rapport à à l’anglais est infime. A l’exception des photos, il est impossible de traduire ce contenu en Anglais. Et même pour les photos, les commentaires qui les accompagnent apportent souvent un éclairage nouveau au cliché et ces derniers sont la plupart du temps aussi en Anglais. Je signale par ailleurs le contenu interactif: il est impossible de le traduire et ça n’aurait tout simplement pas de sens. Comment voulez-vous traduire une discussion en temps réel que deux individus ont, l’un à Trinidad et Tobago et l’autre en Australie?
Il y a ensuite les applications. Celles-ci ne peuvent simplement pas être traduites parce que facebook n’en est pas propriétaire. Elles sont écrites par des tiers, souvent de petites entreprises ou bien même des individus isolés. La responsabilité éventuelle de leur traduction n’incombe donc pas à facebook. Ce qu’il faudrait éventuellement, ce sont des entreprises qui veuillent servir le marché des francophones et développer ou traduire des applications existantes. Cette dernière option est du domaine du possible. Les utilisateurs doivent prendre leur mal en patience.
Enfin, de nombreux messages circulent selon lesquels la traduction de facebook est pleine d’erreurs. Je ne peux moi-même juger car j’utilise facebook en anglais. Mais cette assertion me semble tout à fait plausible.
En conclusion, nous pouvons retenir que la traduction de facebook en Français ne va pas forcément enrichir l’expérience des utilisateurs frustrés. En fait, il semble que le besoin d’un réseau social à contenu essentiellement français se fasse sentir. Et si le contenu est en Français, les applications seront majoritairement aussi en Français. A ma connaissance, un tel réseau social n’existe pas à ce jour.